Vincent Aurez : Crise climatique, les solutions sont là

Toutes les photos de la conférence sont accessibles ici

Vincent Aurez, ancien étudiant de l’IEP de Toulouse et de l’université de Beijing est venu donner une conférence jeudi 24 septembre 2015 sur le thème de la crise climatique en nous apportant un regard critique sur les solutions existantes.

En citant la formule de Jacques Chirac «  notre maison brûle et nous regardons ailleurs », il dresse un état des lieux un peu sombre de l’état de notre planète. En effet, malgré la multiplication d’accords contraignants – qui ne sont en réalité ni contraignants ni efficaces – et dont l’exemple le plus significatif est le protocole de Kyoto signé en 1997, les émissions de gaz à effet de serre (GES) augmentent considérablement tout comme les catastrophes climatiques.

Les chiffres témoignent pourtant d’une diminution des émissions de GES sur le territoire français sur la période 2000-2010 (de 7%). Or, les émissions de GES liées à la consommation ont augmenté sur cette même période de 15%. Cette approche en termes de territoire ou de consommation résulte d’un choix politique qui peut donc nous induire en erreur.

Par ailleurs, cette crise climatique n’est qu’une composante d’une crise écologique encore plus globale. De nombreux exemples tels que l’augmentation de la température de la surface moyenne ou encore la raréfaction des ressources naturelles nous confirment cette « aggravation quasi exponentielle de la crise écologique ».

Vincent Aurez, en s’appuyant sur des travaux de Serge Latouche, nous explique alors comment nous en sommes arrivés là.

6 choix

Selon S. Latouche, la société de consommation et notre modèle actuel de croissance repose sur trois composantes à savoir la publicité, l’obsolescence programmée et la dette qui font de celle-ci « l’empire de l’éphémère » et qui donc qui génère du gaspillage et une augmentation considérable des déchets produits.

Dans cette économie linéaire, le recyclage apparaît alors comme une des solutions qui néanmoins présente des limites puisque « recycler à 100% n’est pas le gage du maintien d’une ressource dans le cycle économique ».

De plus, Vincent Aurez nous a ensuite apporté un regard critique sur les solutions envisagées pour répondre à cette crise climatique sans changer de modèle. Etant donné qu’aucun pays considérés comme développés (ayant un indicateur de développement humain supérieur à 0.8) n’est soutenable, une des priorités est de diminuer l’empreinte écologique des pays développés.

Des projets sont apparus tels que la géo-ingénierie ou encore les modules de parasols dans l’espace et l’émission d’aérosol afin de diminuer l’effet de serre et d’arrêter la hausse de la température. Cependant, à long terme ces méthodes présentent de gros défauts l’émission d’aérosol notamment une fois commencée ne peut être arrêtée sans occasion un réchauffement climatique encore plus important.

 D’autres mesures non démocratiques pour imposer des mesures environnementales ont été envisagées, c’est ce que l’on appelle le « fascisme vert ».

De plus, un autre projet de « smart city » d’abord testé au Chili consiste à optimiser l’ensemble des flux et des stocks grâce aux technologies de l’information et de la communication. Toutefois, une des limites majeures de l’instauration de ces « villes intelligentes »  repose dans le fait que ces technologies consomment 10% de la production en électricité mondiale.

Cependant, des solutions réalisables existent pour changer ce modèle d’économie linéaire. Il s’agit de l’économie circulaire, dont Vincent Aurez est un spécialiste.

Ce modèle d’économie circulaire est inscrit depuis peu dans la loi française et notamment dans le Code de l’environnement. Ce système économique d’échange et de production vise à augmenter l’utilisation des ressources tout en diminuant l’impact sur l’environnement.

Il repose sur sept piliers :

  • l’approvisionnement durable
  • l’écoconception
  • l’écologie industrielle et territoriale
  • l’économie de la fonctionnalité (pour l’offre des acteurs économiques)
  • la consommation responsable
  • l’allongement de la durée d’usage pour les comportements des consommateurs
  • le recyclage dans le domaine de la gestion des déchets.

7

Par la suite, il prend l’exemple de la Chine où il a travaillé et étudié. « L’usine du monde » est en effet réfractaire à beaucoup d’accords contraignants, néanmoins des éco-quartiers chinois et internationaux sont en cours de réalisation avec des parcs économiques et industriels mettant en place une boucle locale afin de réduire la quantité de déchets. Ainsi depuis 2009, la Chine prévoit de multiplier par 10 tous les 5 ans les villes ayant un plan d’économie circulaire.

Cette stratégie d’économie circulaire est également réfléchie sur le plan international. En France par exemple, la mutualisation des flux entre certaines entreprises a été mise en place afin de réutiliser les déchets et donc d’en diminuer la quantité, des distilleries vinicoles ou encore le pôle d’agro activité Belesta près de Toulouse développent ainsi une coopération circulaire.

 

Pour terminer, Vincent Aurez évoque la conférence sur le climat (la COP 21) qui aura lieu en décembre prochain à Paris. Il affiche son scepticisme quant à la signature d’un accord contraignant véritablement efficace et accepté de tous. Il ajoute que pour cela, les dirigeants devront trouver une solution afin de diminuer l’émission de GES qui permettrait également la création d’emplois, l’amélioration de la sécurité alimentaire tout en diminuant la dépendance énergétique.

 

En conclusion, il nous met en garde sur certains points du projet d’alliance transatlantique (TAFTA) qui nous montre la nécessité de penser en parallèle les traités commerciaux et environnementaux afin d’en éviter certaines contradictions.

A tous ceux qui n'étaient pas présents, vous en savez désormais autant que ceux qui sont venus sur la crise climatique et ses solutions ! À très vite pour une nouvelle conférence. 

Cactusement Vôtre

Écrit par Elisa Rullaud. 

×