Laurence Cohen : La santé et les étudiants

 

Le lundi 3 octobre 2016, Cactus et la liste IEP ont organisé une conférence avec la sénatrice du Val-de-Marne et également membre du Conseil d’Administration de Sciences Po Toulouse, Laurence Cohen. Cette dernière est membre du Parti Communiste Français et s’occupe des questions relatives aux droits des femmes. Orthophoniste récemment retraitée, Laurence Cohen est venue nous parler de la thématique « La santé et les étudiants ». 

L’ambiance économique actuelle aggrave les problèmes déjà existants des politiques de santé pour les étudiants. François Hollande avait fait de la jeunesse une priorité lors de sa campagne mais aujourd’hui on est loin des promesses passées. 73% des étudiants, soit 10% de plus que la génération précédente, sont obligés de se salarier au moins un mois dans l’année et 50% le font régulièrement. Les étudiants vivent en moyenne avec 681 euros par mois ce qui est moins que le seuil de pauvreté.

 

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Néanmoins, 63.2% des étudiants jugent leur état de santé satisfaisant. Cela cache le comportement qu’ils peuvent avoir face à la maladie et aux soins : 30% déclarent avoir déjà renoncé à se soigner pour raison financière. De nombreux étudiants ont déjà eu des problèmes psychologiques et l’information sur la sexualité et la contraception reste encore à améliorer. 
Pour la sénatrice, il faut que la santé sorte du système actuel de marchandisation et des centres polyvalents de santé doivent être créés dans les universités. De même les mutuelles étudiantes doivent être repensées : en effet, tous les étudiants ne sont pas égaux face à ces problématiques puisque beaucoup restent longtemps dépendants de la mutuelle de leurs parents. 


Laurence Cohen propose ainsi de faire un remboursement des soins en intégralité pour les moins de 25 ans et les étudiants de moins de 30 ans, et un remboursement de 80% pour le reste de la population en attendant de pouvoir là aussi couvrir les frais en intégralité. 
Mais où trouver l’argent ? Quelques pistes simples peuvent être suivies : supprimer les exonérations de cotisation sociale pour les entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale entre hommes et femmes (en soit on appliquerait la loi) : cela rapporterait 52 milliards d’euros à sécurité sociale ; instaurer une cotisation sur le revenu national de l’entreprise : on pourrait dégager plus de 80 milliards d’euros.


Appliquer des politiques d’austérité et de gestion au budget de la santé n’est certainement pas la solution pour la sénatrice. En effet, la sécurité sociale repose sur l’universalité : chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

Emilie Charpentier

Laurence Cohen
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