PDE - Réforme de l'instruction publique

 

Le vendredi 3 février 2017, la séance s’ouvre par le tirage au sort qui donne l’Union Bonapartiste gagnant.
 

C’est donc l’Union bonapartiste, représenté par Julien Limongi, qui ouvre le défilé des discours. Le groupe est à l’origine de la proposition de loi votée ce jour, ce qu’il ne manque pas de rappeler. « Par seulement 3 articles nous allons révolutionner la France comme Napoléon a révolutionné la France » déclare-t-il dans son discours. Il pose son parti en pourfendeur des discriminations « Nous voulons une France solidaire » s’exclame-t-il aussi. Prônant un redressement moral de l’école, une revalorisation du travail manuel avec la création d’une grande école pour ouvriers, il défend ce qu’il appelle « la France éternelle ». Il conclu son discours par une phrase, une seule, mais qui suffit à agiter l’assemblée : « Je vous invite à voter aveuglément ». Cette déclaration vaut un premier rappel à l’ordre pour le groupe CPNT pour la virulence de leur réaction.

C’est ensuite au tour du parti Chasse Pêche Nature et Tradition (CPNT) de se prononcer sur la proposition de loi. Théophile Duchange dénonce une Union bonapartiste urbaine, éloignée des préoccupations des Français. « La France est rurale messieurs […] Qu’est ce qu’ils s’en foutent les jeunes de savoir lire ? Ce qu’il faut c’est savoir chasser, pêcher… », déclare-t-il sous les applaudissements de son groupe.

Après ces interventions remarquées, c’est au tour de la France insoumise qui défend, elle, un « accès au savoir et non pas un patriotisme aux allures belliqueuses ». Est rappelée la primauté accordée aux principes fondamentaux du primaire et secondaire.

Se levant ensuite en tant que représentante du groupe parlementaire EFFeT, Camille Banuls dénonce la surreprésentation masculine de l’Assemblée. Des propos salués d’un « heureusement » du groupe CPNT. Elle pointe du doigt une incapacité à penser dans 21e siècle témoigné par les discours l’ayant précédé. « Vous rêvez vieux, vous pensez faibles » assène-t-elle. Le groupe défend une ouverture de l’école à tous et entend montrer aux enfants que l’égalité existe. « Les bonapartistes ont écrit cette blague nous en écrirons sa chute » conclut-elle finalement, défiante sous les huées des représentants CPNT à l’encontre desquels est prononcé un nouveau rappel à l’ordre.

 

Les débats s’enchaînent ensuite, certains points déclenchant des contestations plus fougueuses que d’autres. Les questions symboliques, celle du drapeau et de l’uniforme, soulève en effet nombre d’avis différents.

En ce qui concerne la cérémonie matinale, la levée de drapeau est en effet discutée davantage dans ses formes que dans son principe. CPNT propose ainsi de remplacer le drapeau tricolore par celui de la municipalité, dans un souci de proximité locale. Le groupe défend également une Marseillaise au cor de chasse, question de style. EFFeT s’oppose immédiatement à cette mesure : « La Nation est un plébiscite de tous les jours, et il se fera autour du drapeau ». La France insoumise proteste également, amis pour des raisons différentes. Se considérant comme fils du peuple et de la révolution russe, le groupe refuse cette mesure « libérale et antiprogressiste ». L’Union bonapartiste, quant à elle, se propose de rajouter le blason de l’empire sur le drapeau tricolore.

L’amendement que la France insoumise propose à l’article 1 soulève lui aussi une discussion mouvementée. Le groupe parlementaire propose ainsi de remplacer la Marseillaise par l’hymne de l’Internationale et que figure le visage de Jean-Luc Mélenchon au centre du drapeau bicolore. Ces mesures soulèvent de vives protestations des groupes CPNT et EFFeT. Ce dernier leur répond en effet fermement : « La démocratie c’est pas un homme, c’est pas une gueule, c’est tout le monde ».

Le groupe EFFeT propose lui aussi un amendement pour ce même article 1 : un uniforme mixte, une cérémonie hebdomadaire autour du drapeau français et celui de la CEDH dans les tous les établissements du primaire et du secondaire. A ces propositions, le groupe CPNT choisit de répondre sobrement : « on est d’accord pour l’uniforme mixte mais différent pour les hommes et les femmes ». La France insoumise insiste, elle, sur l’importance de l’aspect biodégradable dudit uniforme. « En quinoa ! Avec les semelles en tofu ! » s’enflamment alors les représentants CPNT.

 

Suite à deux heures de débats et arrangements, la loi est finalement votée dans sa version ci-après. Toutes les photos sont diponibles ici

 

Coline Salesse

 

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